Premier atelier d’écriture à Chartres

Début juin, j’ai eu la chance et l’honneur de participer à mon premier atelier d’écriture animé par Anne Gaëlle Huon, auteur entre autre de « le bonheur n’a pas de rides.

Je me souviens, il faisait chaud. J’avais hâte d’y aller et en même temps très peur de ce qui s’y passerai. Avais je réellement ma place dans ce genre d’atelier ? Pour me donner du courage, je suis allée me recueillir et puiser de la force sur le parvis de la Cathédrale de Chartres. Elle est si imposante, qu’elle a ce pouvoir d’apaisement quasi immédiat à son contact visuel.

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C’est donc un peu plus calme et sereine que j’ai rejoint le lieu de rencontre. Quelques personnes bien souriantes étaient déjà installées. Si bien que le pression a fini de redescendre, mes battements cardiaques aussi. Le temps à d’autres participantes d’arriver, le temps pour moi d’admirer les lieux et de discuter un peu qu’Anne Gaëlle est arrivée.

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Et puis tout c’est enchainé comme si c’était écrit, comme si le papier à musique se déroulait tout seul. Le maitre mot de cette rencontre : bienveillance. Bienveillance envers les autres, ce qui me semblait tout à fait normal, mais également bienveillance envers soi même, là c’était un peu plus compliqué pour moi. Mais je me suis laissée faire, me suis laissée guider par la voix douce de notre animatrice, par la voix et les histoires des autres participantes. Nous sommes passés d’exercice en exercice en laissant notre inconscient jouer son rôle. Aucun filtre, tout dans l’instant, dans le felling, pendant deux heures.

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Pour ma part, cet atelier a été un moment d’émotion avec quelques larmes. Mais surtout il m’a conforté dans le choix de vivre mon projet de récit à fond, de ne plus me cacher, de ne pas en avoir honte de mon écriture, de mes histoires. J’ai un métier que j’ai étudié pendant 5 ans mais je peux aussi faire autre chose de ma vie. J’y ai appris aussi que j’étais légitime dans ce que je faisais et que mes textes pouvaient susciter de l’émotion. Alors continuons dans ce chemin là !!!!

Je vous laisse avec un des textes de cet atelier.

En 5 minutes, avec deux noms d’animaux en faire un dialogue. Je vous laisse deviner mes deux animaux.

  • Laisse moi goûter ton miel !!!

  • Non, c’est le mien, je l’ai récolté tout seul.

  • Aller, s’il te plait. J’aimerai le goûter. Tu as l’air de tellement te régaler quand tu le dégustes.

  • Non, non et non. Il est à moi. Je ne te demande pas de me faire goûter une cuisse d’antilope.

  • Et pourtant, tu devrais. C’est très bon.

  • Mais dit moi pourquoi c’est si important pour toi de goûter du miel. On n’a jamais vu un animal de ton espèce en manger.

  • Ben, cela ne veut pas dire que je ne peux pas le faire. Je peux bien être le premier.

  • Si c’est si important je vais te montrer comment faire pour en récolter.

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Exercice d’écriture

L’objectif c’était de faire un court texte en incluant certains mots. Les voici : crayon, télévision, vêtements, meuble, voiture.

C’est sur un terrain meuble que Louis a remarché pour la première fois. C’était 15 mois après un accident de voiture. Il ne se souvient pas de beaucoup de choses de cette journée si horrible. Claire, sa compagne, l’avait traîné sur un plateau de télévision. C’était son truc à elle, elle aimait assister aux émissions ou aux jeux télévisés sans jamais y participer, même si c’était son secret espoir. Louis n’avait pas pu assister au dernier enregistrement. Son meilleur ami était de passage dans la capitale pour la soirée. Trois ans qu’ils ne s’étaient pas vus à cause de ces milliers de kilomètres entre eux. Ce soir là, il n’a pas vu son ami. Une voiture n’a pas respecté le feu rouge et l’a percuté de plein fouet sur le côté avant conducteur de sa voiture. La seule chose dont se souvient Louis ce sont les pompiers qui l’ont sorti de sa voiture et qui lui ont découpé ses vêtements pour voir l’étendue de ses blessures. Après, il a sombré dans un coma de 4 jours. A son réveil, le premier mot qui est sorti de sa bouche fût crayon. Il voulait écrire sa future histoire.

Second voyage à Moscou

A chaque fois que je pars en vacances, je tiens un journal de bord. Pour ce voyage, j’ai écrit une cinquantaine de pages que je vais essayer de vous résumer en quelques lignes. J’y écris à chaque retour de ballades, d’excursions. Je garde aussi tous les tickets, cartes de visite et autres dépliants. Tout ça pour les coller dans l’album photo. Mais mon rêve serait d’avoir un appareil polaroïd pour pouvoir construire en temps réel mon carnet de voyage avec mes photos. Peut être qu’un jour, qui sait …

C’était donc notre second voyage à Moscou. Je l’appréhendais davantage que le premier. D’une à cause de la météo, là c’était en décembre. De deux parce que mon fils avait 4 ans. La première fois, il avait encore besoin de la poussette et pouvait se reposer dedans. Là, il allait devoir tout faire à pied comme un grand. Auparavant, nous avions testé sa résistance à la marche : 4 kms sans se plaindre. Mais est ce que ça allait être pareil par grand froid et temps de neige?

A notre arrivée, il faisait nuit. Depuis les hublots, nous avions vu la neige. De quoi nous plonger immédiatement dans l’ambiance glaciale russe.

J’avais préparé ce voyage grâce notamment à un célèbre guide de voyage connu de tous. J’avais noté à peu près tout ce que je voulais voir tout en pensant aux petites jambes de mon chatounet et en laissant une large place à l’improvisation. Nous ne voulions pas courir partout en espérant ne rien louper d’important comme la plupart des touristes. Non, cette fois ci, nous voulions juste profiter de la vie moscovite et voir les russes vivre.

À chacun de mes voyages et particulièrement pour ces voyages en Russie, j’appréhendais par ce que c’est la Russie quand même. Va-t-on pouvoir rentrer ? Va-t-on nous prendre pour des espions ? Va-t-on nous suivre ? Va-t-on nous envoyer au Goulag ? Je sais faut que j’arrête de lire des polars, mon imagination déborde.

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De nous 3, je suis la plus sujette au décalage horaire. 2H à cette période. Autant vous dire que j’avais très envie de rester sous la couette surtout le matin. Le premier matin, je pensais me lever à 8h30 comme l’indiquait ma montre, jusqu’à ce que mon cher et tendre m’annonce qu’il était presque 11h. Je n’avais pas réglé ma montre.

J’ai aimé notre première ballade au parc Gorki. Il faisait nuit et froid (la nuit tombe très tôt). Les lumières du parc étincelaient de mille feux. Il y avait quelque chose de féérique, de fantastique dans l’air. Le dépaysement a été total à cet instant, comme transporté dans un pays imaginaire. Le bruit des patins à glace s’entendait depuis l’entrée du parc. Là bas, c’est un sport national. Les russes sortent du travail et vont patiner comme nous irions boire un chocolat chaud. Il y avait bon nombre de patinoires, même les touts petits ont la leur. Nous ne nous y sommes pas essayés. Par peur du ridicule sûrement. Pour ce voyage, nous avions investi dans des vêtements thermolactyl. Heureusement car le froid nous a quand même transpercé (Chatounet a eu les joues roses pendant plusieurs heures) surtout à l’approche de la Moskova, fleuve moscovite. Pourtant, il n’était pas gelé. Pas de brise glace dessus. Cela fût mon grand regret du voyage.

Avant de continuer, je dois revenir sur un fait marquant de notre voyage : Johnny Hallyday a cassé sa pipe le lendemain de notre arrivée. Notre amie sur place nous l’a annoncé car nous avions coupé tous nos moyens de communication. J’ai été très triste d’apprendre la disparition du Taulier et très touché par le communiqué de son épouse. J’ai imaginé la tristesse et l’émotion qui devait régner en France, tout me disant que désormais il aurait, sans doute, sa tête peinte sur les célèbres matriochkas d’Izmailovo, tout comme nos présidents de la République ou des célèbres joueurs de football.

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Izmailovo, justement, le marché aux touristes. Passage obligé lors d’une visite à Moscou. Le samedi, vous y ferez vous achats souvenirs entre matriochkas en bois, chapkas de fourrure et autres tasses à l’effigie de Vladimir Poutine. Petit conseil, n’hésitez pas à marchander avec les commerçants, cela fait partie du folklore. Pour manger, détour obligé par les barbecues pour grignoter une assiette de chachliks : brochettes de viande, légumes et pain ouzbek. Je vous conseille d’aller les manger à l’étage de leur guérite en bois. Enfumoir et odeur de graillon garanti. En plus, vous y croiserez toutes les nationalités.

Comment ne pas parler de Moscou, sans évoquer la Place Rouge. J’adore m’y retrouver. Elle est immense. Quoique un peu amputée, pendant la période de Noël, par un marché de Noël typique : sapins, guirlandes de papier et autres décorations de Noël étaient de mises et rendaient l’ambiance encore plus féérique. Sans oublier la patinoire, bien sûr.

Nous avions déjà visité la basilique de Saint Basile le Bienheureux lors de notre première escapade. Cette fois, nous l’avons juste admiré de tous les côtés.

Nous avons visité un seul musée, celui qui pourrait le plus plaire à un enfant de 4 ans : le palais des armures. Il se situe dans l’enceinte du Kremlin. J’ai été toute émue d’y pénétrer. C’est comme ci, j’entrais dans la cour de l’Elysée. Impressionnant non.

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Le premier étage du musée est consacré aux carrosses, aux vêtements portés par les Tsars et autres empereurs, aux trônes de ceux ci, aux armes de l’ancien temps. Le second étage est dédié à la richesse, à l’opulence, à la grandeur du pays à travers la vaisselle. Tout était éclatant de mille feux. Nous avons fini notre visite par les œufs Fabergé que les Tsars offraient à leurs épouses. Généralement, ils étaient gros et sculptés et il y avait un cadeau dedans. L’ancêtre de la lettre d’amour, romantique à souhait. (pas de photo du musée, elles sont interdites)

Les Eglises Orthodoxes sont des passages obligés. Il y règne une telle sérénité, il y fait chaud, l’odeur de l’encens n’y est pas trop enivrante. On peut y admirer là encore la richesse du pays et la place que la religion tient dans le cœur des russes. Il y a toujours quelqu’un qui prie, les icônes sont bénies d’encens. J’ai adoré m’asseoir et observer les femmes russes prier en touchant leur chapelet et en baisant l’icône à plusieurs reprises. Nous n’avons pas visité toutes les Eglises, il y en a tellement. Je ne saurais vous en conseiller en particulier tant elles sont aussi belles les unes que les autres.

Je terminerai en vous parlant d’un restaurant qui vaut le coup d’oeil, le café Pouchkine. Il est ouvert 24h/24. D’abord on descend aux vestiaires pour y déposer nos affaires. Nous sommes allés dans ce lieu uniquement pour y boire un chocolat chaud réputé très bon. Nous n’avions pas les moyens de nous payer un repas. Qu’importe, on en a quand même pris plein les mirettes. L’ambiance y est tamisée et feutrée. Pour boire notre chocolat, on nous a installé au bar. Voyage dans le passé assuré avec des vieux instruments de mesure, des pots à ingrédients comme dans une ancienne herboristerie. Le barman a préparé le chocolat chaud devant nos yeux ébahi, en faisant glisser entre ses mains un bâton de bois dans une espèce de théière. Il renouvelle le rituel autant de fois que de tasses. Au final, c’est le meilleur chocolat de ma vie. Du vrai chocolat onctueux et épais. Un pur délice qui tient au corps.

Voilà quelques idées d’endroits à voir dans Moscou.

Je vous laisse en vous disant de voyager en taxi (la course pour 3€) ou en métro (pour la beauté des stations) dans Moscou.

Absence

Voilà déjà quelques temps que je suis absente. Déjà qu’en temps normal, je n’étais pas très assidue. Mais, j’ai bien envie de remédier à tout ça en écrivant de façon plus régulière sur des sujets aussi divers que variés.

Alors bien sûr, je ne fais pas de promesse que je ne pourrais pas tenir donc j’annonce juste que je serais plus présente sur le blog.

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Parce que la vie n’est pas toujours simple à suivre.

 

Lors de mon dernier article, j’avais annoncé que j’évoquerai mon dernier voyage en Russie, plus particulièrement à Moscou.

Je vous laisse avec une photo pour un avant goût.

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A très vite

Mélie

Atelier d’écriture n°292 : pas de titre

Malgré une grosse panne d’inspiration, j’ai réussi à écrire un petit texte pour l’atelier hebdomadaire de bricabook.

Une photo = une texte.

La photo vient de Caroline Morant

Bonne lecture.

Sans titre

Ce jour là, dans ce petit port entouré de remparts, il y avait seulement trois bateaux en lice. Ce n’était pas énorme pour le départ d’une course.

De toute façon, peu importait ces trois navigateurs, ils n’envisageaient pas de la gagner.

Ils cherchaient seulement à en profiter pour s’exercer, pour apprivoiser leur bateau, pour acquérir de nouveaux réflexes marins, pour tenter de devenir le meilleur d’eux même.

Bien sûr, ce n’est pas juste de dire qu’ils ne cherchaient pas à gagner. Non, ils s’entrainaient pour une autre course non pas plus importante mais largement plus connue.

L’histoire ne nous dit pas qui a gagné cette petite course. Mais sans doute que l’Histoire nous dira qui gagnera la plus connue.

Atelier d’écriture numéro 291 : Quelle attente

Me revoilà de retour à travers l’atelier d’écriture de bricabook.

Je prendrais le temps de vous raconter mes dernières péripéties d’ici quelques jours.

Je vous laisse avec la photo et mon texte.

Bonne lecture

Quelle attente

C’était le moment. Ces trois hommes, assis là, sur le seul banc du village, le savaient. Oui, Pierre, Paul et Jacques n’avaient plus qu’à espérer comme si c’était la première fois qu’ils vivaient une interminable attente.

Pourtant la vie leur avait fait attendre bon nombre de fois.

Pierre se souvient de la première année où il avait repris la ferme familiale. Ses parents venaient de mourir en se tuant littéralement à la tâche. Pierre avait décidé de planter pour la première fois des semis de tomates. Il lui avait fallu patienter quelques longs mois pour observer le résultat de son dur labeur.

Paul, lui, n’avait pas eu à vivre un délai si long, quoique. Il avait postulé pour le job qu’il convoitait depuis tant d’années. Après l’entretien d’embauche, le patron lui avait assuré qu’il le rappellerait le lendemain pour lui donner une réponse. Paul revoit cette infinie nuit sans dormir, avant de recevoir ce coup de téléphone qui a changé sa vie à jamais.

Jacques quant à lui venait de vivre, récemment, une longue période de crainte mêlée à de l’espérance. En effet, son médecin traitant l’avait envoyé faire des examens à l’hôpital car il était tout le temps fatigué et essoufflé. Le généraliste avait d’emblée évoqué le mot cancer sans en être vraiment sûr. Il voulait confirmation. Après divers examens, Jacques avait dû attendre quinze jours avant d’avoir les résultats. Quinze jours où il s’était vu mourir rapidement et sans avoir eu le temps de vivre tous les projets qu’il envisageait. Le praticien hospitalier l’avait rassuré. Ce n’était pas un cancer, juste un peu d’emphysème. En stoppant la cigarette, il pourrait probablement retrouver une seconde jeunesse.

Aujourd’hui, ce n’était pas eux qui étaient au centre de cette insoutenable expectative. Mais Julie. Elle était là, s’approchant d’eux en marchant doucement. Les hommes pensèrent que sa démarche n’augurait rien de bon. Julie avait le visage fermé. Les hommes pensèrent au pire.

La jeune fille se jeta dans les bras de ses deux grands pères et de son père et hurla sa bonne nouvelle. Elle avait eu son bac avec une mention très bien.

Atelier d’écriture 285 : la dernière croisière

C’est dimanche, c’est jour de publication de mon texte. je ne voulais pas rater l’atelier d’écriture de bricabook , malgré un bon état grippal. J’ai réussi à écrire un petit texte.

Il n’y aura pas de publications les prochaines semaines pour cause de voyage à l’étranger. Mais promis, je m’y remets dès que je rentre.

Pour le moment, je vous laisse avec la photo.

©Leiloona

La dernière croisière

Pierre et Annie aimaient les croisières. D’ailleurs, c’est sur un paquebot qu’ils se sont rencontrés et tombés amoureux l’un de l’autre.

À l’époque, Annie faisait partie de l’équipage, elle accueillait les vacanciers puis veillait à ce que rien ne leur manque durant leur séjour. Pierre, lui, agissait en tant qu’agent de maintenance. Il a gravi les échelons, comme on dit. Avant c’était l’expérience plus que les diplômes qui comptait. Pierre a fini sa carrière comme officier mécanicien. Quand Annie prit sa retraite, elle était directrice de croisière.

Ils s’étaient toujours débrouillés pour travailler sur le même bateau. Une véritable passion. Leurs trois enfants avaient même été conçus en pleine mer. Et, il s’en fallu de peu à chaque fois pour qu’ils ne poussent leur premier cri à bord.

Le couple, la famille de Pierre et Annie étaient une légende au sein de la société. Beaucoup les prenaient comme modèle, beaucoup les admiraient. Leur bonne humeur était contagieuse. Leur amour était sincère et tout simplement pur.

Ce n’est pas la retraite qui les a empêchés de continuer à faire des croisières. Bien au contraire. Leur vie, elle était sur l’eau. Seulement, à partir de ce moment, ils ont pu toutes les faire. Et, ils ne sont pas gênés pour essayer les circuits des autres croisiéristes.

Celle ci, Pierre le savait, serait la dernière. Il profitait de la vue exceptionnelle que lui offrait cette rade d’une petite ville italienne.

Pierre avait décrété que le crabe n’aurait pas le dernier mot malgré le pronostic des médecins qui ne laissait aucunement présager d’une rémission. Alors Pierre avait décidé de quand ? Lors de cette dernière croisière. De où ? Dans sa luxueuse suite d’un paquebot. De comment ? En prenant un médicament acheté à l’étranger. Avec qui ? Avec sa douce Annie qui avait accepté de l’accompagner jusqu’à la fin.

Mais pour le moment, il savourait cet instant en compagnie d’Annie. Il était conscient qu’il vivait là son dernier moment de bonheur. Il voulait retenir cette image, cet instant pour qu’il ne finisse jamais.